Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


L'invité et le journaliste. Observations autour de 2 entretiens sur radio Vision 2000

Publié par siel sur 26 Novembre 2012, 12:13pm

Catégories : #REFLEXIONS perso

 Je vous propose l'écoute de 2 entretiens réalisés par le journaliste haïtien, Valery Numa

dans son émission  l'Invité du jour

 

La première, jeudi 22 novembre  avec M Fritz Gerald Charles, Président de la Plateforme

des employés révoqués de la fonction publique

La seconde, vendredi 23 novembre, avec M. Auguste Ulrich Cinéus,

Commissaire révoqué suite à une enquête menée au sein de la police nationale.

 

Il n'existe pas en Haïti un observatoire  des média tel  que Acrimed.link

C'est bien dommage parce que ces analyses permettraient de mieux comprendre

de quelle manière

un journaliste peut orienter les opinions et sentiments du public.

 

Dans le premier entretien, le jounaliste fait face  

au Président de la Plateforme des employés révoqués,

qui mène un combat depuis 2004.

Ce jeune homme connait parfaitement son dossier.

Il est articulé. Il est pondéré. Il est rationnel.

Et pas une fois ne se laisse distraire ou  balader par le journaliste qu'il appelle de son nom : M. Numa.

Car, le journaliste l'interrompt souvent et même, parfois, le traite de manière ironique,

pas méchante vraiment- mais du style à porter le public à ne pas le prendre au sérieux.

Exemple :" Vous pensez que votre mouvement représente quelque chose mais ça fait des années que vous battez le pavé et que vous n'êtes toujours pas payé" (ah, ah).

 

Sans compter que, sans arrêt, il fait entrer des anecdotes non vérifiables

qui n'ont rien à voir avec le sujet

comme, par exemple, des gens qui auraient reçu, selon ce qu'on lui a dit,

des sommes formidables à l'APN.

Le jeune homme avec sagesse lui répond qu'il ne peut rien dire sur l'APN.

Il ne connait pas ce dossier; lui étant chargé du dossier de la Téléco.


Dans le deuxième entretien, le commissaire de police ne répond jamais aux questions .

Il met en avant à plusieurs reprises une histoire de off-record.

Il parle avec force et bruit et appelle le journaliste avec familiarité par son prénom : Valéry.

Il noie les réponses dans une avalanche de détails, de terminologies abracadabrantesques,

d'explications qui ne tiennent pas debout.

 

 

Cependant, le journaliste se contente de ponctuer tout ce galimatia d'une série de

" Mmmm..Tout à fait, Okay d'accord, c'est important, Pa gen problem etc".

Aucune ironie dans cet échange marqué plutôt par une complaisance générale,

même si de temps à autre le journaliste se trouve obligé de faire une mise au point mineure.

Le journaliste, d'ailleurs, termine  son entretien en affirmant que les enquêteurs,

selon son impression, ont fait beaucoup d'erreurs.

Et tous deux journaliste et ex-Commissaire d'éclater d'un rire gras et complice.

 

 

Déontologiquement, un journaliste peut-il lancer à l'antenne qu'une enquête menée au sein de la police contient de nombreuses erreurs  sans apporter ni arguments, ni preuves ?


Sur quels critères s'appuie-t-il pour faire cette déclaration publique ?    

A-t-il eu accès aux dossiers des policiers renvoyés ?

 

Ce qui ressort de cette mise en parallèle, c'est la différence entre le sérieux du discours

du représentant des employés licenciés et l'absence de cohérence de celui

du Commissaire renvoyé.


C'est aussi la différence entre le ton  du journaliste qui se veut conciliant

avec le Commissaire de police,

et celui nettement plus aggressif- interruptions multiples et même à un certain moment une

assimilation entre le statut  des entreprises privées et  celles publiques

que le jeune homme a dû fortement rectifier. Et bien d'autres tentatives flagrantes-

-des employés révoqués ont retrouvé du travail, etc-

de faire apparaître les réclamations de ces employés comme infondées,

et même parfois farfelues,

et de déstabiliser le jeune homme qui tout au long de l'entretien reste droit dans ses bottes.

 

 

A travers ces 2 entretiens, on entend la différence de traitement  accordé par le journaliste à ces 2 invités.

Pour le premier, d'emblée une sorte de rudesse émaillée de piques, d'interruptions, de fausses infos dont les modalités de renvois dans les entreprises d'Etat, qui aurait dû induire l'auditeur à avoir une opinion négative du combat de ces employés révoqués, si ce n'était la parfaite maîtrise de son dossier par l'invité.

 

Pour le second un ton amène, presque jovial qui laisserait entendre que dans cette affaire du policier renvoyé, les enquêteurs, parce qu'étrangers, ne connaissent pas les us et coutumes du pays qui permettraient, par exemple, à un policier d'acheter une voiture cash, auraient tout faux.

 

Bonne écoute et bonne réflexion.link Emission Invité du jour.

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents