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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La Cour Pénale Internationale et la Colombie : des massacres examinés à la loupe (Counterpunch)

Publié par siel sur 19 Décembre 2012, 13:56pm

Catégories : #NUESTRA AMERICA

Dan KOVALIK

La Cour Pénale Internationale (CPI) vient de publier son Rapport Intérimaire sur la Colombie (1). C’est d’autant plus intéressant à lire que cela en dit plus long sur la CPI elle-même que sur la Colombie. Dans le rapport, la CPI explique que la Colombie est sous examen préliminaire de la CPI depuis juin 2004. C’est tout à fait curieux, car le rapport conclut que les pires crimes de l’armée colombienne - les meurtres "faux positifs" au cours desquels l’armée a assassiné environ 3000 civils innocents pour les habiller en guérilleros et les faire passer comme tels - "ont été commis, pour la plupart, entre 2004 et 2008."

 

En d’autres termes, l’armée a perpétré ses violations les plus connues sous l’oeil attentif de la CPI, véritable inspecteur Clouseau (celui de la Panthère Rose ndt). Peut-être la CPI était-elle trop occupée à poursuivre des Africains en justice - ils semblent être la seule cible de la CPI - pour avoir eu le temps de s’occuper de ces crimes.

 

Quoiqu’il en soit, les conclusions de la CPI soulèvent beaucoup de questions sur l’armée colombienne, et encore plus sur son commanditaire étasunien. En effet, le moment où il y a eu le plus de "faux positifs" (2004 à 2008) correspond aussi au moment où les Etats-Unis fournissaient le plus d’aide militaire à la Colombie. Et il semble que ce ne soit pas exactement une coïncidence.

 

La CPI décrit le phénomène des "faux positifs" comme suit :

Des membres de l’état, en particulier des membres de l’armée colombienne, auraient aussi, semble-t-il, délibérément tué des milliers de civils pour améliorer leurs taux de réussite dans le contexte du conflit armé intérieur et pour obtenir des fonds étasuniens. Les civils exécutés étaient comptabilisés comme des guérilleros tués dans les combats grâce à l’altération des scènes de crime. .... Les informations dont nous disposons indiquent que ces meurtres ont été perpétrés par des membres de l’armée opérant parfois conjointement avec des paramilitaires et des civils, au cours d’attaques dirigées contre les civils dans différentes parties de la Colombie. Les meurtres étaient parfois précédés de détention arbitraire, de torture et d’autres formes de maltraitance.

La CPI conclut que ces assassinats étaient systématiques, approuvés par les officiers les plus gradés de l’armée colombienne et qu’ils étaient l’expression par conséquent d’une "politique d’état".


Les tueries - que la CPI qualifie à la fois de "meurtres" et de "disparitions forcées"- n’étaient pas faites au hasard mais ciblaient, selon la CPI, des "catégories particulières de civils" comme des "marginaux" vivant à l’écart, des chômeurs, des pauvres ou des drogués ; des militants politiques, sociaux ou communautaires ; des natifs, des mineurs, des paysans et des handicapés. Par ailleurs, les régions qui ont le plus souffert de ces meurtres ont été, en ordre décroissant, Antioquia, Meta, Hila et Norte de Santander. Comme l’a noté la CPI, les victimes des "faux positifs"ont souvent fini dans des charniers.


La CPI, s’appuyant sur les découvertes du Rapporteur Spécial de l’ONU, a noté un fait bizarre - à savoir que les "faux positifs" qui avaient commencé à des degrés divers dans les années 1980, ont culminé précisément au moment où la menace que représentaient les guérilléros a commencé à diminuer au début des années 2000. Comme l’explique la CPI, en citant le Rapporteur Spécial de l’ONU :


’Du fait que la sécurité en Colombie a commencé à s’améliorer à partir de 2000 et que les guérilléros quittaient les endroits habités, des unités de l’armée n’arrivaient plus à engager de combat. Cela a incité certaines unités à falsifier les meurtres. Dans d’autres endroits, les soldats qui craignaient d’affronter les dangereux guérilléros ont trouvé plus ’facile’ de tuer des civils. Et dans d’autres endroits encore, il y avait des liens entre l’armée et les trafiquants de drogue et autres gangs du crime organisé. Les unités militaires locales ne voulaient pas entrer en conflit avec ces groupes illégaux avec lesquelles elles coopéraient et, donc, tuer des civils et les présenter faussement comme faisant partie de ces gangs donnait l’impression que l’armée agissait.’"

Ces informations devraient beaucoup intéresser ceux qui se penchent sur la politique des Etats-Unis en Colombie. D’abord il est clair que c’est pendant la période où les Etats-Unis ont fourni le plus d’assistance militaire à la Colombie au titre du Plan Colombia (de 2000 à 2009), que l’armée colombienne a commis ses pire crimes et, en plus, sans aucune nécessité, du moins si l’éradication de la drogue était le véritable objectif. Ainsi l’armée colombienne tuait sciemment des civils au lieu de tuer des guérilléros tout en laissant courir les trafiquants de drogue et autres groupes du crime organisé parce qu’elle travaillait avec ces groupes.

 

SUITE à : link

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