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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le malaise de la réforme Bernard dans le monde scolaire.Par Larose Vernet

Publié par siel sur 8 Janvier 2013, 13:30pm

Catégories : #L. VERNET chronique

"Guédé Ti-Wavè, dieu de la mort, rend visite à Loko dans son houmfor.

          Sonnin cloche-la, Papa moin Guédé(Bis)

          M'apé vini tout en noir join(dre) Papa Loko

          Ti-Wavè vini tout en noir join(dre) Loko Atissou

          Ti-Wavè. Abobo.

Sonnez la cloche, Papa, moi Guédé(Bis). Je suis venu, vêtu tout de noir pour vous joindre Papa Loko. Ti-Wavè. Abobo."

Emile Marcelin, Les dieux dans le vodou haïtien

 

Dans le cadre du lancement de l'éducation de base, Haïti a constitué le laboratoire de l'UNESCO. Sous la direction de l'anthropologue Alfred Métraux, des études furent menées sur la culture populaire, particulièrement dans la région de Marbial.


Spontanément, la culture populaire désigne la langue créole et le vodou.. Émile Marcelin y participa; et Alfred Métraux signa l'introduction, un extrait très significatif des progrès qui ont été depuis accomplis :


"Le créole parlé par la majorité des Haïtiens est une langue nouvelle, dérivée du français en usage à la colonie au XVIIIe siècle. Il s'est suffisamment différencié de la langue mère pour qu'il soit impossible de le regarder comme dialecte... Il eut donc été plus simple et plus logique de transcrire ces textes selon un alphabet phonétique, d'autant plus que le Département d'éducation haïtien a adopté un système à la fois simple et adéquat qui lui a été proposé par M. Laubach. Mr. Marcelin, suivant cela la coutume des intellectuels haïtiens, a préféré écrire le créole avec l'orthographe française qui n'a absolument rien de scientifique."


Le changement est colossal, le créole devient une langue d'enseignement. Par contre, les statistiques disent le contraire. D'une part, les publications officielles accordent toujours la priorité à la langue française; et de l'autre, une minorité des élèves possède des compétences en langue française.


Les deux cultures ne se rencontrent pas, la traditionnelle, transmission familiale et liens communautaires, et la scolaire. Or, celle-ci s'appuie sur l'État qui élève l'élève au moyen de l'obligation scolaire. Le bilinguisme de la réforme Bernard ne fait qu'achopper. La culture ne peut accomplir sa fonction de cohérence culturelle et de cohésion sociale. Dans la langue française, l'incompétence se répand majoritairement parmi la classe populaire; classe populaire qui a porté le créole dans la stigmatisation la plus offensante.


Pis, sa faiblesse en français, langue scolaire, l'exclut sur le marché du travail pour des postes "nobles". Le coefficient externe, relations culture scolaire et marché du travail, se révèle donc très faible. La réforme Bernard ne s'accompagne pas d'une réforme sociale. C'est là que le bât blesse. Une réforme de l'éducation présuppose et résulte d'une réforme sociale.

Sur le même sujet VOIR Ti koze ak pwofesè Michel DeGraff sou nouvo teknoloji pou ansèyman syans ak matematik ann Ayiti

et aussi : A propos de l'entretien en créole du linguiste Michel Degraff

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