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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le Monde.fr. La mort du "parrain de l'héroïne" en Birmanie

Publié par siel sur 11 Juillet 2013, 12:41pm

Catégories : #INTERNATIONAL

Le baron de la drogue birman, Lo Hsing Han, le 25 mai 2007.

 

Le triangle d'or vient de perdre un de ses barons. Lo Hsing Han"le parrain de l'héroïne" birman, est mort samedi 6 juillet à Rangoun, selon un avis de décès publié lundi dans la presse officielle du pays. Agé de près de 80 ans, il était l'un des maîtres d'œuvre du commerce de la drogue dans la région, au point d'être considéré comme le plus gros

trafiquant d'héroïne au monde.

 

Devenu au fil du temps un soutien de poids de la junte militaire au pouvoir depuis 1962, Lo Hsing Han était également l'un des hommes les plus riches et plus influents de Birmanie. Né au milieu des années 1930 dans un petit village du Kokang, région du nord-est de la Birmanie enclavée entre l'Etat du Shan et laChine, Lo Hsing Han commence sa carrière dans les troupes de la famille Yang, le clan chinois qui règne jusqu'en 1959 sur la zone.

En 1962, les militaires au pouvoir à Rangoun proposent un pacte au jeune soldat : l'ouverture des portes du marché de la drogue dans la région contre la constitution d'une organisation paramilitaire chargée de combattre la rébellion communiste dans l'Etat du Shan. Lo Hsing Han accepte, et se montre d'une grande efficacité. A la tête de sa milice Ka Kwe Ye (KKY), il stoppe l'avancée des communistes dans la région. Mais n'oublie pas pour autant de faire fructifier son commerce, aidé en cela par les troupes de l'armée régulière, qui escortent ses convois chargés d'opium à travers la forêt birmane.

 

 CONDAMNÉ À MORT POUR "TRAHISON"

En 1973 pourtant, les militaires ordonnent la dissolution des KKY. Lo Hsing Han refuse, et décide de s'allier aux nationalistes du Shan, combattant la junte de Rangoun. Mais l'opération échoue, et Lo Hsing Han est arrêté par la police dans le nord de la Thaïlande, avant d'être livré aux militaires birmans, puis condamné à la peine de mort pour "trahison". Aucune mention n'est alors faite d'un quelconque trafic de drogue, qui pourrait ternir la réputation du régime.

Mais en 1980, le trafiquant, dont la peine avait été commuée en prison à vie, bénéficie d'une amnistie générale. Mieux, selon le journaliste suédois Bertil Lintner, les militaires lui offrent la somme de 2 millions de kyats (300 000 dollars de l'époque) pour reprendre ses activités de milicien pro-gouvernemental — et de trafiquant de drogue.

La fin des années 1980 sera déterminante pour le destin de Lo Hsing Han. En 1988, après un soulèvement populaire, la junte autorise la création de partis politiques dans le pays. A cette date, le Parti communiste birman (CPB), aupouvoir dans le Kokang, décide de négocier son autonomie avec Rangoun. Jouant à merveille le rôle de médiateur entre les militaires et les forces du CPB, le trafiquant se rend rapidement indispensable. Les discussions aboutissent à un cessez-le-feu, redorant l'image de l'ancien condamné.

 

 DANS LES ARCANES DU POUVOIR

En quelques mois, Lo Hsing Han change de statut, et accède aux arcanes dupouvoir. Jusque-là simple trafiquant, aux pouvoirs limités, il se mue en baron de la drogue à l'envergure internationale. Dès le début des années 1990, l'homme dirige au moins 17 usines d'héroïne dans le pays, et devient pour plusieurs décennies l'un des plus gros trafiquants de drogue au monde. En 1999, la police australienne intercepte un bateau transportant une demi-tonne d'héroïne en provenance des usines birmanes de Lo Hsing Han : de quoi donner une dose à l'ensemble de lapopulation australienne, soit près de 20 millions de personnes.

Lo Hsing Han bénéficie de l'appui indéfectible des militaires birmans. Dans un article daté de 2001 et intitulé "Comment la junte protège M. Héroïne", le quotidien britannique The Guardian décrit les actes de torture subis par Saw Lu, prince birman de l'ethnie Wa, coupable de s'opposer au trafic d'héroïne orchestré par Lo Hsing Han : accroché à l'envers, battu à coups de chaîne durant 56 jours, de l'urine versée sur son visage, un câble électrique attaché à son pénis. L'homme était régulièrement jeté au sol, tout près d'un trou fraîchement creusé, qu'on lui décrivait comme sa future tombe.

 

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