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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le président Martelly et la gestion de la crise dominico-haïtienne, versus celle de Medina

Publié par siel sur 3 Décembre 2013, 17:20pm

Catégories : #AYITI-RD relations

 

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Medina : "Il y a un problème humain qu'il faut résoudre"

Vingt-quatre heures après avoir rencontré des organisations qui défendent les droits des immigrants, le président dominicain, Danilo Medina, a confirmé publiquement s'être excusé auprès des immigrants haïtiens pour la décision de la Cour constitutionnelle. Ce geste du chef de l'Etat dominicain est intervenu au moment où des organisations de l'opposition tenaient une manifestation devant les locaux de l'ambassade dominicaine à Pétion-Ville, pour dénoncer l'arrêt du 23 septembre.

« Je veux vous dire que le président Medina vient de faire une déclaration publique pour présenter ses excuses et demander pardon aux Dominicains d'origine haïtienne ce matin », c'est en ces termes que l'ambassadeur dominicain accrédité en Haïti, Ruben Silie Valdez, a annoncé la nouvelle à la sortie d'une brève rencontre avec des leaders du Mouvement patriotique de l'opposition démocratique (MOPOD). L'information est vite reprise par la presse dominicaine, le président Medina a fait des excuses publiques à la communauté haïtiano-dominicaine pour la décision de la Cour constitutionnelle rendant apatrides des milliers de dominicains d'origine haïtienne.

« Je ne sais pas s'il y a eu injustice, mais il y a un problème humain qu'il faut résoudre », a reconnu le président Medina qui s'est adressé à la presse alors qu'il visitait les installations de la compagnie minière Barrick Gold. « En m'adressant à ces personnes, j'ai pu constater qu'elles sont certainement en train de vivre un drame humain », a ajouté le mandataire dominicain qui faisait allusion à une rencontre qu'il a eue lundi avec des représentants des immigrants haïtiens.

Plus loin, Danilo Medina confie « qu'il y a des garçons qui ont parcouru 18 kilomètres par jour pour aller à l'école, et au moment de recevoir leur certificat d'études, ils n'ont pas une carte d'identité et ne peuvent pas s'inscrire à l'université. Il y en a d'autres qui nous expliquent avec les larmes aux yeux, avoir perdu cinq années de leur vie, n'étant pas autorisés à s'inscrire à l'université faute d'une simple carte; le moins que nous puissions faire, c'est de demander des excuses pour ce qu'ils sont en train de vivre.»

Sources : Le Nouvelliste

 

Voici donc quelles ont été les réactions de Medina, dès après le passage de la loi de "dénationalisation".

De plus, Medina vient de présenter de nouvelles propositions, une sorte de parade à la loi, qui sans la désavouer, permettrait de renationaliser un certain nombre de victimes de cette loi. Cette proposition, il a demandé à des organisations, partis, membres de la société civile, d'en prendre conaissance et d'y apporter leurs remarques, critiques et recommandations.link

Je ne dis pas que c'est la bonne solution. Mais je remarque que le président travaille à sortir de ce guépier dans lequel l'a fourré l'extrême-droite   Medina piégé par l'extrême-droite de la RD dans l'affaire de la "dénationalisation" des Dominicains d'acendance haïtienne. qu'il contre attaque en intégrant l'ensemble des forces vives de son pays dans la recherche d'une solution.
Cette démarche, Martelly aurait pu également l'avoir. Il aurait pu organiser une rencontre avec l'ensemble des des parlementaires, chefs de partis, hommes de loi, etc, afin de réfléchir en commun pour trouver une réponse à ce qui est un problème collectif. ce serait là l'illustration de cette fameuse "l'union fait la force" brandie souventes fois, par ceux qui, précisément, oeuvrent à la désunion. Extrême-droite d'Haïti et de la RD complices dans l'affaire de la "dénationalisation" des Dominicains d'ascendance haïtienne.

 

il paraîtrait que certains interdisent de porter des critiques sur la gestion de cette affaire par le gouvernement haïtien et tout particulièrement par le président. Martelly.

 

La raison invoquée c'est le fameux " L'union fait la force". Les Haïtiens devraient se mettre tous ensemble, comme un seul homme derrière leur président.  

 

Certes, l'argument en apparence tient la route

 

Sauf, parce qu'il y a un sauf, quand vous avez un président qui fait le mort.

 

il aurait donc fallu, si l'on veut rester dans la logique de "tous derrière le président", que les Haïtiens de l'intérieur et ceux de la diaspora se taisent également ?

 

 Vous avez remarqué que le mantra " l'union fait la force" est toujours brandi dans des situations où les élites se trouvent dans l'embarras.

 

Recommandation est faite à la population, dans ces cas précis, de rester tranquille, de "fèmen djol li" et  de "laisser travailler le gouvernement" qui comme chacun le sait en Haïti, fonctionne dans l'intérêt de la nation, n'est-ce pas !

 

Or, n'auraient été les réactions  d'indignation spontannées de la population, celles des organisations des droits de l'homme, celle d'intellectuels étrangers, celle musclée du Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, celle de la Caricom,  celle de Dominicains progressistes, nous en serions restés du côté d'Haïti à la déclaration du ministre des Affaires éttrangères, comme quoi, il s'agissait d'une affaire strictement interne à la RD.

 

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Du côté de l'Exécutif, c'était : " zafè sa-a pa gade nou".

 

Le ministre des Affaires étrangères n'avait même pas considéré un instant que cette "dénationaisation" était, d'abord,  une question universelle de respect des droits humains et de non respect des conventions internationales signées par la RD. A ce niveau - sans même mettre dans la balance la situation des Dominicains d'ascendance haïtienne- il était clair que cette loi prise par la Cour Constitutionnelle ne pouvait pas n'être qu'une une affaire dominico-dominicaine à laquelle les bras croisés, le gouvernement haïtien assisterait en spectateur..

 

Et, d'ailleurs, la présidence, avant la réunion de la Caricom, n'avait adressé nul mot de sympathie à la population abusée par cette loi.

 

C'est marrant la ressemblance avec le comportement de Préval juste après le séisme. Silence. Pas même un "kenbe fèm" à la population. 

 

Comment expliquer cette déroute, cette incapacité de ces 2 chefs de l'Etat à communiquer avec la population au moment où se passent des événements graves ?

 

Hier ou avant hier, il y a eu un accident en Ecosse; un hélicoptère de l'armée s'est écrasé sur le toît d'un bar provoquant 8 morts et des blessés. Non seulement, le gouvernement s'est déplacé sur le lieu du drame, mais de plus les drapeaux ont été mis en berne en signe de deuil.

 

Quand on s'avance à comparer ce qui est comparable, Conférence de Rafael Correa, président de l'Equateur à la Sorbonne. un président, qu'il soit d'un petit ou d'un grand pays a les mêmes devoirs ou obligations, les super et ultra nationalistes haïtiens ne sont pas d'accord.

 

Ils te sortent, le second mantra après "l'union fait la force", qui autorise le dysfonctionnement de la société haïtienne, à savoir le principe irrévocable et non négociable selon eux  :" Haïti est un pays singulier".

 

Il existe ainsi toute une brouette de "sentences sentencieuses", que les Haïtiens charrient avec eux, génération après génération, pour le bonheur des écrivains locaux  et des amateurs de folklore et pour le malheur d'un pays lesté du poids des mêmes erreurs et comportements obsolètes sans efficacité, répétés ad nauseum.


En fait, la seule utilité de ces maximes prétendument sages, inscrites dans la pierre, c'est de figer l'évolution de la société haïtienne -on le constate avec le retour au duvaliérisme actuel- dans un éternel présent où les pauvres -sa ou vle fè, ravet pa gen rezon douvan poul" resteront illéttrés et les élites continueront à s'enrichir.

 

C'est comme si au 21 siècle, il était encore possible de faire de la politique comme au 18ème siècle, - rêve de société esclavagiste des élites ?- sans établir de dialogue avec la population - deux ou trois dictons suffiront - sans s'occuper de ses conditions de vie- quelques  distributions de bouillon et de clairin feront l'affaire.

 

Donc, à mon avis, les élites, chefs de partis, journalistes, etc,  ne sont pas des naïfs ni des innocents. Il savent parfaitement ce qu'ils font en invitant la population à faire corps avec le président, ils le font pour protéger le statu quo, leur propre confort et non pas comme ils le laissent entendre pour des raisons  d'efficacité, de force dans l'union. Extrême-droite d'Haïti et de la RD complices dans l'affaire de la "dénationalisation" des Dominicains d'ascendance haïtienne ?

 

D'ailleurs, pas une fois dans l'histoire, quels qu'aient pu être les torts avérés, documentés, prouvés qu'elles ont causé à la population haïtienne, les élites ne se sont excusées.

 

Par contre, Medina, en président responsable- ne serait-ce que pour éviter des conflits inutiles à l'intérieur de son pays- a , lui, présenté des excuses.

 

Serions-nous obligés, sous peine de passer pour traitres, de ne pas pointer cette différence importante entre les deux chefs d''Etat dans la manière de gérer cette crise ?

 

Ou bien, ne serait-ce pas au contraire une attitude patriotique de réclamer des dirigeants du pays une politique à la hauteur de leurs charges et des attentes de la population ?

 

Vous savez, ya bo di, ya bo fè, on peut dire et faire ce qu'on veut, les poules sont des poules, les ravets (cafards) des ravets et les hommes des hommes.


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