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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Médias en Amérique Latine : comment Sisyphe déplace la montagne. Par Thierry DERONNE

Publié par siel sur 1 Juillet 2013, 14:53pm

Catégories : #NUESTRA AMERICA

Ce n’est pas seulement par peur d’un procès médiatique en totalitarisme que la gauche qui gouverne en Occident a enterré l’information de peuple à peuple que proposaient dès les années 70 Sartre, Bourdieu ou Mattelart. La démocratisation de la propriété des médias ne l’intéresse plus parce qu’elle s’est convertie au libre marché et a régressé au “sociétal” et au “néo-colonial” sous des masqueshumanitaire ou laïc.

Ainsi, s’il y a autant, voire davantage, de violations des droits humains en Libye aujourd’hui que sous le gouvernement Kadhafi, le black-out médiatique dispense les socialistes ou les verts, qui ont rejeté la diplomatie des africains et des latino-américains et voté pour la guerre, d’expliquer pourquoi les droits humains de la population libyenne ont cessé de les passionner. Cette “naturalisation” de l’appropriation des médias par les grands groupes économiques et l’asservissement d’une pâle copie appelée service public, condamne ce qui reste de vraie gauche à rouler le rocher de Sisyphe sur la montagne quotidienne de désinformation.

La gauche latino-américaine, elle, déplace la montagne.

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Citoyen(ne)s équatorien(e)s fêtant le vote de la nouvelle Loi Organique de Communication (juin 2013).

Le 14 juin 2013, l’Assemblée Nationale de l’Équateur a approuvé la Loi Organique de la Communication (1). Bien qu’exigé par la Constitution de 2008, ce vote a dû attendre quatre ans faute de majorité parlementaire. La victoire en février 2013 de Rafael Correa et de son parti (Alianza PAIS) a permis, enfin, de faire passer la loi par 108 voix pour, 26 contre et une abstention. L’Equateur réalise ainsi la même révolution démocratique que l’Argentine en redistribuant la propriété des fréquences de radio et de télévision en trois tiers : 33 % pour les entreprises privées, 33 % pour le service public et 34 % pour les médias communautaires (= associatifs).


La loi, qui contient 119 articles et 22 dispositions transitoires, définit la communication sociale comme "un service public qui doit être offert avec responsabilité et qualité" et établit "la non-censure préalable et la responsabilisation a posteriori des médias sur leurs publications" ainsi que la défense des droits des travailleurs de la presse ; l’élimination des monopoles audiovisuels (pas plus d’une concession de fréquence de radio en AM, FM ou de télévision ne peut être attribuée à une personne naturelle ou juridique). En Équateur 85% des fréquences audio-visuelles restent soumises à des concessions commerciales dont l’attribution a été frauduleuse dans beaucoup de cas. L’audit des fréquences réalisé il y a trois ans a montré l’irrégularité d’un tiers environ des concessions, ce qui permettra a l’État de les libérer pour les autres secteurs.

Par ailleurs le texte s’est nourri d’autres propositions des mouvements pour la démocratisation de la communication telles que l’obligation de consacrer 60% de la programmation quotidienne à la diffusion d’oeuvres pour tout public ou de quotas de créations cinématographiques et musicales nationales (articles 102 et 103) pour soutenir la production indépendante hors des circuits commerciaux.

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Le Président Correa à Guayaquil, ouvrant le premier sommet latino-américain sur le journalisme responsable (juin 2013).

Quelques jours plus tard, à Guayaquil, lors du premier sommet latino-américain sur le journalisme responsable, le président Rafael Correa a expliqué que “le problème de fond est le modèle de communication capitaliste, l’information comme marchandise. Tout tourne autour du capital : une corporation puissante peut faire croire au public n’importe quoi, la communication ne fait pas exception. Or, si les médias ne sont qu’un commerce, que se passe-t-il dans un marché où il y a peu d’entreprises et où elles se mettent d’accord entre elles ? La communication est un ces champs où apparaît le plus clairement la domination des puissants sur le droit des citoyens, en ce cas, sur le droit d’accéder à l’information. L’information n’est pas une marchandise, c’est un droit. Les biens publics indispensables comme l’information ne sont pas commercialisables. Le bénéfice des médias privés vient de ce qu’ils la vendent non aux citoyens mais aux annonceurs. Ce n’est donc pas la qualité de l’information qui importe mais son caractère de marchandise. La soi-disant liberté d’information n’est que la liberté des entrepreneurs médiatiques, de ceux qui peuvent acquérir un média simplement parce qu’ils ont de l’argent. Aujourd’hui la mauvaise foi d’une certaine presse fait encore des dégâts mais elle ne peut plus faire ou défaire les présidents. Démocratiser la propriété des médias signifie impulser des médias hors de la logique du marché – médias publics et communautaires. Avant notre gouvernement, il n’existait ni presse ni radio ni télévision publiques. Aujourd’hui les trois existent. Il est temps de nous soulever contre les empires médiatiques. L’Amérique Latine vit une époque nouvelle, sans les dictatures que, d’ailleurs ces médias privés appuyaient, mais avec des gouvernements progressistes immensément démocratiques qui changent la réalité de nos peuples et qui continueront à lutter contre tout pouvoir de facto qui tente de nous maintenir dans le passé.”


Comme d’habitude ce nouveau pas vers la révolution du champ symbolique a mis en branle l’appareil médiatique mondial, le département d’État, la CIDH (OEA), certaines ONGs ou la SIP (association de patrons de médias) pour dénoncer à l’unisson l’“atteinte à la liberté d’expression” et le “dictateur Correa”. Lorsqu’en 1973 le gouvernement de l’Unité Populaire chilienne releva les irrégularités fiscales de médias privés comme El Mercurio, la SIP lança une campagne identique pour déstabiliser Salvador Allende.

 

SUITE : link

Réflexion perso sur le profil des média en Haïti.

En Haïti, comme le pays marche à reculons vers le temps radieux "d'avant ces vingt-cinq dernières années", quand les Haïtiens fuyaient le pays en masse. ( Il paraitrait que le sauve qui peut recommence),  VOIR Pour mémoire. Nouvel Obs de 1968 : Duvalier François revendique l'assassinat des 19 officiers on assiste également, tout étant lié, à une régression totale capitale des média. La dite liberté d'expression, l'un des acquis de l'après dictature, se transforme en une industrie de bruits et de zen. La plupart des radio et télé sont commerciales et leurs journalistes n'ont de journalistes que le fait qu'ils soient derrière un micro ou face à la caméra. Les arguments qui, disent-ils, s'affrontent relèvent plus  de l'expression à tout va d'émotions  que d'enquêtes ou d'analyses sérieusement documentées  basées sur des recherches. Des sujets déterminants pour le devenir d'Haïti ne sont jamais abordés : les ressources minières, le problème du vol de l'eau par des compagnies privées, 

Le "tout voum se do" règne. L'animateur peut lancer  n'importe quelle fausse info à  l'antenne, il ne se trouvera personne pour rectifier et quand essai de rectification il y a, ça  tourne à la foire d'empoigne et à des comportements incivils, l'animateur tenant absolument à ne pas perdre la face, à garder son pouvoir de supposé  omniscient  ( "Moi, j'ai fait des études de droit, de sciences po, Moi" ) comme si le fait d'avoir été à l'université légitimait  à priori  la qualité et la véracité de ses dire. VOIR Haïtiens, allez émigrer au Qatar disait l'animateur vedette de Vision 2000

En Haïti, contrairement à ce qui se passe dans les pays d'Amérique Latine qui ont connu des dictatures, on assiste à une macoutisation de la pensée- d'où la pénurie intellectuelle et l'absence de voix progressistes dans les média. Le macoute du temps des Duvalier t'obligeait à te taire, à parler par signes comme dit Phelps,  VOIR Pour mémoire Vidéo inédite :Haïti et les Tontons macoutes. Reportage de la TV belge, diffusé le 24/10/1980

Les macoutes "intellectuels" ( fils et filles de X dont les vols et deals leur ont permis de faire des études longues) de cette époque de retour au mortifère, Nouveau livre sur Haïti.Haitis's new dictator'ship. La nouvelle dictature en Haïti, un nouveau livre de Justin Podur martèlent avec une violence ahurissante, style marteau-piqueur,  leurs opinions  sur  les média audio, visuels et écrits, une           tactique  pour obliger l'auditeur, le lecteur à les accepter comme vérités. Tout en proclamant, bien sûr, la bouche en coeur et les yeux ronds,  qu'il ne s'agit que de leur opinion personnelle, qu'ils ne forcent personne à être d'accord avec eux, que les auditeurs sont intelligents et autres billevesées  afin de travestir cet autoritarisme évident  en cette liberté d'expression pour laquelle toutes les strates du peuple haïtien, chacune  à son niveau et selon ses moyens et capacités,  ont farouchement lutté dès l'indépendance du pays.

En Haïti, actuellement, l'ensemble des valeurs sont perverties. L'entreprise révisonniste a commencé en 2003:2004.VOIR Robert Ménard, porte-flambeau de la dédiabolisation du FN Le mensonge le plus éhonté et prouvé comme tel est dit et répété avec aplomb VOIR  Sauveur Pierre Etienne, patron de l'OPL, syndrome de la pénurie du personnel intellectuel en Haïti , les faux-semblants  font office de développement et de progrès, les animations festives sont utilisées comme cache-misère, les bidon- villes crasseux et infrahumains prennent des allures de "Alice au pays des merveilles", les "livres en Folie" squattent et oblitèrent  l'espace de la pensée et de la réflexion.

Les comédiens de Graham Green ont  opéré leur mutation en tartuffes qui utilisent les média comme un outil depropagande, comme cache prédation.  Ils mettent en scène, au moment où partout dans le monde les peuples s'élèvent contre les dictatures, un remake macabre de l'insanité duvaliérienne sur fond de pauvreté, de misère, de racisme  VOIR RFI. Le racisme entre Haïtiens en mode accélération pour la grande majorité de la population. VOIR  Pour mémoire Vidéo inédite :Haïti et les Tontons macoutes. Reportage de la TV belge, diffusé le 24/10/1980

A quoi d'autre pouvait t-on s'attendre ? Martelly n'avait-il pas affirmé, d'entrée de jeu, qu'il était un admirateur inconditionnel des Duvalier et qu'il "vénérait" Jean-Claude, son gourou ?

Aussi, pas étonnant que dans cette nouvelle entreprise de prédation des ressources de la nation, on retrouve dans les ministères, dans l'ensemble des institutions d'Etat, dans les ambassades et consulats des enfants de  militaires, de duvaliéristes et de macoutes VOIR Pourquoi le retour de l'extrême droite duvaliériste au pouvoir en Haïti ? Rediff. connus pour leurs  exactions et restés impunis qui ont troqué le gros bleu pour le brassard rose. VOIR  Pour mémoire.Senateur Edmonde Beauzile inaugure la bibliothèque Mme Max Adolphe à Mirebalais

 

L'assault lancé sur l'argent de la diaspora via les taxes illégales sur les transferts et les communications, dès pratiquement l'arrivée de l'homme rose au pouvoir,  n'ayant rencontré aucune résistance, il était à prévoir que se poursuivrait la prédation par bande organisée avec la complicité des média.

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