Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Mèt Viktor, la vieille Aline et l'ail, récit haïtien. Rediff

Publié par siel sur 6 Décembre 2013, 14:09pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES


L'écrivain Gary Victor, membre émérite du "Collectif Non" contre la commémoration du bicentenaire d'e l'indépendance d'Haïti en 2004  a écrit un texte intitulé " Non !".
Personnellement, je n'ai pas parfaitement saisi (euphémisme) la teneur du " Non ! il faut dire Non"  de M Victor.


A qui et à quoi, cette fois-ci, voudrait-il que les Haïtiens disent, "Non !"  ?


Une internaute a écrit ici Le « non » de Gary Victor. Par PFA   une réponse au texte de M. Victor.

C'était l'occasion de rediffuser ce texte autour de la question de "l'ail nationaliste " soulevée par M; Victor dans une de ses  chroniques publiée dans Le Nouvelliste.

Il s'en prenait vertement  au "nationalisme" de sa domestique qui semblait préférer  l'ail cultivé en Haïti  à celui importé de la RD.

Selon M. Victor qui, encore une fois et pas la dernière,  s'exprime avec hauteur sur un sujet qu'apparemment, il ne maitrise pas du tout  sa domestique serait une  parfaite demeurée parce que :

1) Il n'y aurait qu'une seule sorte d'ail
2) Que l'ai dominicain serait meilleur parce que "plus gros et bien présenté"
1)Or des variété d'ails il y en a des quantités avec des goûts différents link
2) La qualité des produits, de même que hez les humains n'a rien à voir ni avec la grosseur, ni avec la présentation.
Un exemple tout bête : les pommes rouges bien rondes, vernissées, poussées avec force pesticides et engrais sont à fuir, pas seulement à cause de la chimie mais parce qu'elles n'ont aucun gôut.
Bref, on voit ici que  l'écrivain qui ne comprend rien à l'agriculture, aux composants du sol et à leurs influences sur la palnte cultivée, ni non plus  au goût des aliments,  se sent autorisé à se moquer de sa domestique.
De plus, au lieu de l'encourager à acheter l'ail cultivé en Haïti, pour toutes les raisons que nous connaissons, fulmine contre ce qu'il interprète  immédatement, sans y penser à deux fois, comme du nationalisme.
En fait si ce n'était le "nationalisme", la solidarité comme ici évouée  Réhabiliter Le Paysan haïtien. Par Nicolas-L. Pauyo  des petites gens, on pourrait se demander où  diantre l'écrivain prolyxe en produits ésotériques,  irait chercher matière à garnir ses romans de zombis et de diables.
Samedi 5 février 2011

                                                                      Variété Thaï
La vieille  cuisinière, Aline, n’aime pas l’ail cultivé en République Dominicaine
Met Viktor son patron ne comprend pas.
 Pour lui "tout lay se lay"
"c'est de l'ail tout simplement"
et il raconte son  profond ennui face à l'enfermement haïtien dans  sa sublime chronique

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=66757&PubDate=2009-01-30
Il en profite pour fustiger la petitesse haïtienne
qui voudrait s'accrocher à son aïl national
alors que l'aïl de l'autre côté de la frontière
est " mieux présenté. Plus costaud. De beaux bulbes"
Ayayay !
Mais hélas Mèt Viktor, le monde est  plus complexe qu'on ne le croit
et les variétés d'ail sont de plus de 300
il y en a de gros, de rachitiques, des blancs, des violets, des roses, des bruns

                                                                variété purple-stripe

ça vient des 4 coins du monde.
et ça a toutes sortes de goûts différents

                                                                variété porcelaine


Et Aline la vieille cuisinière qui fait les « yeux ronds »
Comme « Aunt Jemima »  dans la pub
Sait bien, elle, qu'il   y a "ail et ail"
Comme il y a "mangue et mangue"
Ayayay !
Pauvre Aline, qui ne peut pas cliquer sur internet pour trouver
Par exemple ça :


"L'équipe d'ICS présente dans votre région dispose d'une connaissance approfondie des conditions de culture locales. Elle est donc en mesure de vous fournir les variétés les mieux adaptées à votre environnement et à vos objectifs, en se fondant sur des résultats d'essais menés depuis de nombreuses années.

En effet, l'ail (Allium sativum) est une culture annuelle dont la production est largement répandue dans le monde. Il en résulte une grande diversité de types et de variétés, chaque type étant spécifique d'une région de culture. Il est donc indispensable de réaliser localement des essais comparatifs pour identifier les variétés les mieux adaptées à chaque situation pédoclimatique. ICS a donc mis en place depuis de nombreuses années des plates-formes d'essais pour des variétés de multiples origines : Mexique, Chine, France etc. Différentes caractéristiques sont notées dont le rendement, le taux de multiplication et la qualité de la récolte. Les variétés françaises blanches telles que Thermidrôme, Messidrôme ou Germidrôme, ont fourni d'excellents résultats en Arabie Saoudite (moyennant une irrigation sous pivot), ainsi qu'à Madagascar. La qualité du matériel génétique français est d'ailleurs reconnue à travers le monde puisqu'il est largement utilisé dans les programmes de sélection variétale."


La vieille cuisinière aurait pu expliquer à Mèt Vikto,

que le gôut de l’ail, sa forme, dépendent  à la fois de la variété

et aussi de la composition du sol, de l’apport ou non d’engrais chimiques.


Si la vieille cuisinière avait pu s’exprimer dans un  monde idéal 

où le  dialogue  ne s'inscrirait pas d'emblée dans un rapport  d’inégalité entre les 2 interlocuteurs,

si donc Mme Aline avait pu s'exprimer, elle aurait pu présenter à son patron l'exemple du manguier,

dont la même espèce donne  des mangues sucrées d'un côté du terrain

et de l'autre des mangues "sures", acides.

Et même parfois salées quand le manguier pousse non loin de la mer.


Les gens de la campagne connaissent bien ça,  ce que les scientifiques appellent le "pédoclimat"
Le professeur Dufumier qui a bien étudié les méthodes agricoles haïtiennes a dit et redit que les paysans haïtiens ont une connaissance extraordinaire de la gestion de leurs sols et des plantes appropriées pour obtenir le meilleur rendement.

 

Le seul problème c’est qu’ils n’ont pas d’interlocuteurs sérieux 

auxquels ils pourraient s’adresser afin d'obtenir le matériel agricole

dont ils manquent cruellement.
Ceux qui les approchent sont en général persuadés d’être investis d’une mission

qui serait de les sortir de leur barbarie, de leur médiocrité, de leur nationalisme  et

voudraient  carrément "passer un tracteur sur la tonnelle." dixit le Mèt.

Pourquoi pas, tant qu’on y est, quelques explosifs pour' "détonnelliser" moi tout ça !
 
La vieille cuisinière n’a pas accès à internet pour étayer sa thèse comme quoi
 "Lay ayisyen an pi bon."
http://www.plant-certifie-ail.org/pages/fichesvar.php
Elle se rebiffe, faute de trouver les mots adéquats,

quitte à être présentée comme l'icône même de la stupidité haïtienne.

 

La vieille cuisinière ne connaît pas la culture bio, puisqu'elle n'est peut-être jamais sortie d'Haïti.
Elle ne peut  donc pas dire à son patron, Mèt Viktor, que l’ail bio, très prisé  par les Parisiens,  New-Yorkais et autres habitants des grandes capitales est  vendu très cher

et  est  tout aussi rachitique que celui d'Haïti.
Et comme celui d'Haïti, certifié sans engrais chimiques.
C’est de cette absence d’engrais chimiques et de la composition spécifique  de la terre

que la vieille cuisinière aurait voulu discuter avec Met Viktor-qui a failli être agronome, Dieu nous en garde-
pour lui faire comprendre pourquoi elle trouvait meilleur goût à l'ail haïtien.

Mais Met Viktor  n'entend mais.

Pour lui, le goût d'Aline est carrément le produit d'un nationalisme populiste.
Il balaye toutes objections au nom de la raison qui n'a pas raison.
Et a vite fait de transformer  sous sa plume l’intelligence d’Aline  en médiocrité.

 

Mezanmi, c'est une des  lubies les plus  pernicieuses des zentellectuels haïtiens
celle de se positionner en tant qu'experts comme des observateurs éclairés de la bêtise
de leurs compatriotes du peuple.

 

Du coup, là où il s’agit de diversité des espèces d’ail  et de leurs respectives saveurs
on ne voit que nationalisme.
Et l’enfermement mental  et la médiocrité
ne se trouvent pas forcément là où on le dit !

Si la vieille cuisinière de Mèt Viktor savait lire, si elle avait de l'argent, si...
elle aurait pu s'acheter " Le Livre de l'Ail" d'Emily Thucker
et ainsi passer de la connaissance tirée de l'expérience
au savoir théorique qui lui aurait permis d'expliquer
à son patron pourquoi et comment l'ail haïtien a, selon elle, bon goût.
Et que "tout lay pa lay"
Ayayay!


Enfin, si  d'aventure quelqu’un apperçoit la vieille cuisinière de Mèt Viktor,
dîtes-lui que "se pa tout babay gwo ki bon"

et que

l’ail bio est rachitique et néanmoins est délicieux.
Et si  vous-mêmes, lectrices et lecteurs

voulez en savoir  plus sur les différentes saveurs des variétés d’ails biologiques
ce site vous en informera :
http://www.plant-certifie-ail.org/pages/caracteristiques.php



Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents