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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Pour mémoire.Senateur Edmonde Beauzile inaugure la bibliothèque Mme Max Adolphe à Mirebalais

Publié par siel sur 17 Juin 2013, 12:18pm

Catégories : #PEUPLE sans mémoire...

 

Extrait du discours de Mme Beauzile à cette occasion:

"L’œuvre est là, elle porte le nom de «  bibliothèque municipale Rosalie Bosquet Adolphe » ce pour plusieurs raisons, elle est la première personnalité de la ville celle que les mirebalaisiens seraient loin d’oublier pour son dévouement incommensurable au développement de sa ville natale. Elle était celle qui avait construit la bibliothèque qui a été démolie de même que toutes les infrastructures modernes de la ville. Elle a aussi une macoute, commandant de la milice nationale elle l’avait assumé jusqu’au bout. Elle était fière de garder la ligne qu’elle s’était donnée comme pédagogue, ancienne duboisienne ayant parachevé en France ses études en bibliothéconomie  pardessus,  allait jusqu'à mettre en garde à vue les parents qui refusaient d’envoyer leurs enfants au lycée qu’elle avait fait construire. Toutefois il nous faut souligner que si elle reste célèbre aux yeux des Mirebalaisiens, au niveau national elle n’est pas aimé pour son passé et ses responsabilités au coté des Duvalier, voila pourquoi je vous dis que j’assume avec vous le fait de vouloir la vénérer tout en disant  qu’il ne faut jamais oublier le passé car il doit nous dicter l’aujourd’hui pour pouvoir mieux préparer le futur.


Donc, si on comprend bien, la sénatrice appartenant à un parti socialiste, si je ne me trompe, dit vénérer une femme, dont elle oublie de dire dans son speech qu'elle était non seulement commandante des macoutes, mais patronne de la prison de Fort-Dimanche dans laquelle ont été torturés, ont été emprisonnés dans des conditions infrahumaines, sont morts de toutes sortes de maladies dont la tuberculose et la malnutrition des milliers de nos compatriotes. Une femme connue pour sa cruauté.

VOIR PEUPLE sans mémoire...

VOIR  DUVALIER

Au lieu d'apprendre à la jeunesse qu'une criminelle quelles que soient les actions positives qu'elle aura pu accomplir pour sa famille, pour son clan, pour son bled, reste un criminelle -en plus, celle-ci est de haut calibre : c'est la personne qui donne des ordres, l'ordre d'aller tuer, l'ordre de battre à mort, l'ordre de priver une famille de son père ...Bien souvent sous des motifs futiles, tout simplement afin de terroriser la population. Afin que nul n'ignore que sous le régime militaro/macouto/duvaliériste, la seule sécurité est de fermer sa porte, se fermer les yeux, la bouche et les oreilles, même quand on entend les cris des torturés.

adolphe.jpg

 Voici au contraire la première leçon que la sénatrice apprend à la jeunesse du pays  ; une criminelle si elle a fait du bien à votre famille et votre bled, vous devez la "vénérer".

En fait elle devient une criminelle modèle.

Un modèle de criminelle.

Des personnes comme Mme Beauzile et tous ceux, ambassade de Taiwan comprise, qui ont accepté de donner ce nom à la bibliothèque de son patelin s'inscrivent dans l'histoire comme des complices consentantes des crimes qui ont été commis sous le commandement de la macoute en chef pendant plus de vingt ans.

Ces personnes entretiennent dans les esprits de la jeunesse, l'idée qu'il est possible de commettre des crimes et d'être" vénéré."

Dans cette réflexion CommondreamsFreedom Is Slavery: America Discovering Big Brother , je montrais comment sous Duvalier les valeurs avaient été inversées. La lâcheté était devenue courage, le "marron de la liberté", le kamoken étaient devenus apatrides, la laideur était devenue beauté, la bassesse et l'agenouillement servile étaient devenus grandeurs, la dictature se disait démocratie.

VOIR : Pour mémoire. Nouvel Obs de 1968 : Duvalier François revendique l'assassinat des 19 officiers

On ne doit pas s'étonner si une similaire pratique se trouve valorisée au coeur de la jeunesse appartenant aux classes pauvres, le poisson pourrissant par la tête.

Le gangster peut tuer, kidnapper, torturer mais il sera "vénéré" parce que, par ailleurs, dans un autre monde, il aide sa famille, son clan, son voisinage. Il est "moun pam"

En République Dominicaine, vanter l'héritage du dictateur Trujillo est interdit de par la loi. Pourtant, ce n'est pas une simple bibliothèque ou bien un aéroport qui ont été faits dans le pays sous sa dictature.

Les  Dominicains, qui ont une maturité que n'ont pas les Haïtiens, qui ont tiré les leçons de l'histoire à l'inverse des Haïtiens, ont compris, comme tous les peuples d'Amérique Latine qui ont vécu sous des dictatures, que l'argent utilisé par ces régimes pour telle ou telle réalisation était celui de l'Etat. Et en ceci, la population ne leur devait rien à ces dictateurs.

Eux, les dictateurs, lui étaient redevables, à la population, du prix du sang.

En Haïti, les officiels, les zentellectuels de ce pays encouragent la jeunesse à croupir dans la pauvreté matérielle et morale.

 

MaxAdolphe

Prostituez-vous, faîtes du zo-kiki, kidnappez, volez, tuez, vous serez honoré et vénéré pour avoir aidé vos familles,vos copains, votre lakou, votre "base".

J'ose espérer pour la sénatrice qu'elle ne tombera pas, un jour, dans les pattes d'un gangster auquel on donnera  dans sa "base" le nom d'une rue, d'une bibliothèque. Ou bien auquel on édifiera un buste en reconnaisance des faveurs dont aura profité sa  communauté grâce à l'argent de ses rapines et de ses crimes.

Parce ce que, de quoi  il est question quand on parle des bienfaits de Mme Max Adolphe dans son patelin, si ce n'est de l'argent bien ou mal acquis (celui d'un kamoken ?) qui même dans le cas, fort peu plausible (ces gens-là ne faisaient que voler), où il aurait été bien acquis, cet argent serait celui de l'Etat, celui de la population.

Mme Max Adolphe, avant de devenir commandante en chef des macoutes et patronne de Fort-Dimanche, avait -elle une fortune personnelle ?

La réponse est non.

Mme Max Adolphe, de même que tous les dignitaires militaro/macouto/duvaliériste  et la famille Duvalier, n'est devenue riche qu'en plumant la poule et en ne la laissant pas crier. Et pour cause. Toute poule ayant crié se retrouvait à Fort-Dimanche, antichambre de Titanyen où Mme Max Adolphe s'occupait de lui faire une description détaillée de l'enfer.

Voici donc la seconde leçon que Mme Beauzile Supplice livre à la jeunesse : l'argent de l'Etat appartient à ceux qui sont au pouvoir. Ces personnes au pouvoir n'ont pas pour devoir et mission d'améliorer la vie de la population.

Elles peuvent, si elles sont bien lunées, si vous leur léchez suffisamment bien le cul, si vous êtes docile et soumis, si vous êtes un nègre dont les grenn qui sont dans le bounda ne sont pas les siennes, vous octroyer des faveurs.

Ainsi, les oeuvres de Mme Max Adolphe, financées avec l'argent de l'Etat, doivent être percues comme des oeuvres caritatives faites à des mendiants miséreux et non pas s'inscrire dans un plan d'action gouvernementale en direction d'une population indépendante, gran moun, afin de lui donner les moyens de s'émanciper.

Voici donc les 2 enseignements proposés par une sénatrice, censée étre une "sage", à la jeunesse de ce pays :

1- Tout criminel peut être "vénéré".

2- Les finances de l'Etat appartiennent aux personnes qui sont au pouvoir.

 

Ce que le discours de la sénatrice appartenant au parti Fusion sous-entend :

1- Quels que soient les crimes que vous avez commis, vous serez "vénéré", si vous avez favorisé votre patelin, votre famille et vos amis. 

Par conséquent, ménagez les criminels qui vous font des faveurs.La solidarité commence et se termine là où sont vos intérêts personnels. Ne soyez pas idéalistes. Asseyez-vous sur le "tu ne tueras point, tu ne voleras point". L'avenir appartient aux "chyen manje chyen".

Soyez individualistes parce que si  "au niveau national elle n’est pas aimé pour son passé et ses responsabilités au coté des Duvalier..." vous autres, vous n'en avez rien à branler parce que, ici, à Mirebalais, dans sa ville de naissance, elle avait fait quelques réalisations dont vos familles et vous mêmes avez profité.

Pour le reste, quant il s'agit de la nation  et de ces milliers de personnes qu'elle a envoyé à l'infinitif, ce n'est point votre affaire. Considérez-vous comme Mirbalaisiens avant d'être Haïtiens. Pa gen  mémoire commune. Pa gen "bien commun".  Pa gen destin commun. Pa gen "collectif". Pa gen  cause commune. Pa gen respè. Pa gen onè. Pa gen dignité.

Ceux qui vous racontent des fables, telles que  "mete tèt ansamb", ne sont pas "intelligents". Zafè yo pa bon. Comme Mme Max Adolphe, si vous voulez devenir  rapidement riche  de votre vivant et être vénéré après votre mort:  tuez ceux que vous considérez comme des ennemis et distribuez quelques miettes à ceux qui vous vénèrent.

2-Prenez exemple sur moi. Je suis  sénatrice, socialiste et je vénère la commandante des macoutes responsable de nombreux crimes. 

Voici chers enfants, l'héritage que nous ont laissé Mme Max Adolphe  et l'idéologie duvaliériste que je veux honorer  également, en baptisant cette bibliothèque du nom de cette grande figure de Mirebalais  qui "au niveau national (elle) n’est pas aimé(e) pour son passé et ses responsabilités  ( comprenez ses crimes) au coté des Duvalier..."

 

Eh bien, eh bien Mme Beauzile, ce n'est pas très beau tout ça.

Sachez, ô sage sénatrice, que de cette ènième acte d'irresponsabilité, de cette leçon d'accommodement au crime donnée à la jeunesse par ceux qui ont la responsabilité de la guider, la nation ne vous sera pas reconnaissante.


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Ah, quel geste noble, grand  et courageux, c'eut été si la "sage" sénatrice, socialiste de mes deux, avait nommé sa bibliothèque mirbalaisienne du nom du grand  écrivain martyr, Jacques Stephen Alexis, précisément assassiné sous les Duvalier.

Quelle belle leçon c'eut été pour la jeunesse.

Hélas.

Mme Beauzile a les vénérations qu'elle mérite. La société et le criminel.


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