Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Pourquoi ce silence tonitruant autour des mines d'or, d'argent, de cuivre et autres minerais ?

Publié par siel sur 19 Octobre 2012, 12:00pm

Catégories : #AYITI SOUS-SOL

Je me permets de rediffuser cet extrait  fort informatif du bulletin de "Sentinelle" VOIR Sentinelle du peuple. Numéro 5 du volume III (septembre 2012)

pour ceux qui n'y auraient pas prêté attention.

 

Il concerne les ressources minières d'Haïti.

 

Comme vous avez pu le constater depuis nanni-nannan, je m'interroge sur le silence autour des contrats passés avec les compagnies majoritairement canadiennes. VOIR AYITI SOUS-SOL

 

Comment comprendre que dans un pays qui dépend autant de l'aide internationale, la société civile, les intellectuels, les parlementaires, les média ignorent totalement ce sujet ?

 

Une telle attitude paraît surréaliste,  perverse même,  au regard des conditions de vie dégradantes de la population habitée par un désespoir qui la précipite dans  la délinquance.

 

Délinquance organisée, dont le prétexte est tout trouvé pour instaurer un régime autoritaire s'appuyant sur la répression.  

 

Il aura fallu que les compagnies minières, elles-même, en parlent et  qu'à la suite  Ayiti Kale Je fasse une enquête pour que le sujet affleure, timidement, ici et là.

 

Mais, il a été aussi vite enterré, grâce au désordre politique organisé à la fois par l'exécutif et les parlementaires qui encombre  la scène politique haïtienne et occulte les vrais problèmes depuis l'arrivée de Martely au pouvoir.

 

Lesquels, exécutif et législatif, semblent, dans cette affaire précise, s'accorder pour maintenir le silence.

 

D'autre part, dans la presse internationale, qui décortique Haïti sous tous les angles, il n'en ait également jamais fait mention.

 

Cependant, il existe toujours derrière chaque acte une raison.

 

Il était donc important de comprendre le pourquoi de cette complicité dans le silence.

 

Il ne peut s'agir, bien évidemment, que d'hypothèses.

 

La première, serait celle d'une entente- conspiration avait été le vocable  utilisé par l'ancien vice-Présieent de l'entreprise de la RD, la REMDOSA- entre  les compagnies minières, les parlementaires et l'exécutif pour garder le silence le plus longtemps possible, afin de pouvoir maneuvrer dans l'opacité et hors de tout cadre légal.

 

La deuxième, serait celle d'un chantage de l'international, opposé à l'ensemble de la classe politique- menacée de perdre ses privilèges, ses visas, ses bourses d'études pour leurs enfants, etc. Chantage qui pourrait avoir, comme contre partie, l'octroi de commissions versées sur des comptes à l'étranger, par exemple.

 

La troisième hypothèse concernant ce silence total/capital, serait celle d'une vraie menace sur la vie des gens et de leur famille.

 

Menace qui permettrait de comprendre pourquoi,  par exemple, l'Etat haïtien n'a jamais réclamé les canons volés à l'île à Vache sous le gouvernement de facto de Latortue.

 

Canons, qui se trouveraient d'ailleurs au Panama, où réside l'ex-général Cédras, grand afficionado des recherche sous-marines.

 

Panama qui, également a attribué un doctorat honoris causa bidon à Martelly.

 

Panama qui également, dès l'arrivée d Lamothe aux affaires Etrangères a eu droit à une absence de visas pour ses hommes d'affaires- sans réciprocité par ailleurs.

 

En tous les cas, les informations apportées par "Sentinelle", avec l'historique succint des politiques des différents gouvernements, de Duvalier en passant par Aristide, Préval et maintenant Martelly, montrent qu'il y a la matière à investigation.

 

Et, comme il est dit en conclusion, face à ce barrage des élites politiques/économiques et intellectuelles, c'est au peuple à travers les différentes organisations de réclamer la lumière sur les tenants et aboutissants des contrats passés avec les compagnies.

 

Et de réclamer des comptes sur les retombées potentielless sur l'économie du pays de cette exploitation de son sous-sol.

 

 

Sentinelle/ Economie nationale

 

 

AVEC LA COMPLICITÉ DES DIRIGEANTS DE L’ETAT, LES IMPÉRIALISTES AMÉRICAINS ET CANADIENS FONT MAIN BASSE SUR LES RESSOURCES NATURELLES D’HAÏTI.

 

 

 

Beaucoup de pays impérialistes tels que les Etats-Unis, le Canada, la France etc. font mine d’être les « amis » d’Haïti ; ils lui apportent une prétendue aide mais ne font que piller ses ressources naturelles.

 

 

Pourquoi est-ce dans la période actuelle que les impérialistes américains et canadiens veulent s’emparer des mines de cuivre et des mines d’or du pays ?

 

 

Dans le contexte de la crise économique et financière mondiale qui a éclaté en 2007, l’or est devenu un moyen de mieux garantir la protection de la valeur des richesses. Tous les autres secteurs où l’argent investi pourrait rapporter gros, tels la spéculation sur les logements, les denrées alimentaires, le pétrole, ou bien l’achat d’actions d’une grande société ou de titres de la dette de l’Etat, ont perdu leur intérêt, tant ces secteurs passent par des hauts et des bas. Une once d’or, soit 16 grammes, qui en 2009 avait atteint 1110 dollars américains sur le marché mondial, valait 15 % de plus l’année dernière. Aujourd’hui, l’or reprend le rôle qu’il avait avant les années 70 : celui de seul bien garantissant tous les autres et pouvant donner de la valeur à la monnaie d’un pays. C’est pourquoi tous les pays impérialistes sont devenus des rapaces aux aguets, prêts à s’emparer de l’or se trouvant dans les pays du Tiers Monde.

 

 

La chèvre prend la précaution de regarder ce que fait le paysan avant d’aller dévorer son champ.

 

 

En 1865, alors que l’armée de Salnave combattait celle du Président Geffrard pour le chasser du pouvoir, les Américains en ont profité pour faire main basse sur l’île de La Navasse, qui possède des richesses naturelles. En 1914, alors que l’armée de Davilmar Théodore arrivait dans l’Ouest pour renverser le Président Michel Oreste, les marines américains débarquèrent à Port-au-Prince et se dirigèrent vers la Banque de la République pour y saisir la réserve d’or détenue par le pays, d’une valeur de 500 mille dollars. Jusqu’à présent ils n’ont toujours pas rendu cet or. Dans les années 60, Duvalier, qui voulait s’installer au pouvoir à vie, offrit gratuitement l’exploitation des mines de Mémé, situées à Terre Neuve, à la Société d’exploitation et de développement des ressources naturelles (SEDREN). Cette compagnie déclara qu’elle allait extraire du cuivre, mais elle a aussi emporté de l’or. En douze ans, cette compagnie est parvenue à ramasser pour 83,5 millions de dollars d’or, mais l’Etat haïtien n’a touché sur cette somme que 3 millions de dollars (américains). Les dégâts sur l’environnement commis dans la zone par cette compagnie ont aujourd’hui encore des conséquences néfastes pour le pays ; les terres où la compagnie a pillé l’or et le cuivre n’ont jamais pu être cultivées à nouveau et elle n’a jamais nettoyé les emplacements dans lesquels les ressources naturelles ont été dévastées. En 1991-1993, sous la dictature militaire, une compagnie américaine du nom de Sub Sea Research s’est installée pendant trois ans à l’Ile-à-Vache et a pillé une bonne partie des trésors enfouis dans les restes d’épaves de bateaux anciens ayant sombré dans les eaux haïtiennes. De la même manière, en 1994, une des conditions posées au retour du Président Aristide était de laisser l’armée américaine rapporter chez elle une certaine quantité de minerais. Par la suite, le même Aristide a autorisé la société américaine First City à faire main basse sur la mine Mémé pendant trois années, alors qu’elle n’a jamais conclu aucun contrat avec l’Etat haïtien. Cela fait partie des décisions désastreuses qu’Aristide assimile à des «petits désordres» qu’il a dû faire pour pouvoir retourner au pouvoir.

 

 

Pendant que l’élite et les dirigeants politiques se divisent et se font la guerre pour des miettes, les impérialistes pillent les richesses du pays, l’Etat s’affaiblit et le peuple meurt de misère.

 

 

Préval a livré les principales richesses du pays aux impérialistes pour arriver à conserver le pouvoir, et maintenant Martelly et Lamothe suivent ses traces.

 

 

En 1997, après la démission du Premier ministre Rosny Smarth, le Président Préval engagea l’Etat haïtien par la signature d’un contrat avec la compagne canadienne Sainte-Geneviève ; elle fut autorisée à mener des sondages et à exploiter trois gisements importants dans le Nord-Est. Leur potentiel respectif fut estimé pour celui de Douvray à 86 millions de tonnes de minerais d’une teneur en cuivre de 0,5%, pour celui de Blondin à 50 millions de tonnes d’une teneur en cuivre de 0,5%, et pour Faille à 1,1 million de tonnes, contenant 2,4 grammes de cuivre par tonne. C’est cette compagnie qui a formé les techniciens du Bureau des Mines chargés de la superviser, et certains d’entre eux ont été payés par elle. Elle a pu extraire un grand volume d’échantillons qui ont été envoyés à son siège au Canada ; c’est elle qui a déclaré à l’Etat les résultats qu’elle avait obtenus. Dans le contrat, il n’est pas dit que Sainte-Geneviève exploitera également l’or trouvé. Il est simplement écrit que la découverte de traces d’or fournira un indicateur pour estimer la qualité et la quantité de cuivre. Pendant plus de deux ans, Sainte-Geneviève a extrait des trois gisements toutes les quantités de cuivre et d’or dont elle avait besoin et elle les a emportées au Canada sans jamais rien payer à l’Etat haïtien.

 

 

En 2008, après que le Sénat ait fini d’acter le renvoi du gouvernement, le même Président Préval accorda aux compagnies Eurasian et Newmont, regroupées dans une alliance, l’autorisation d’exploiter 27 mines de cuivre et d’or dans les départements du Nord et du Nord-Est, auxquelles il faut ajouter la mine Mémé dans le Nord-Ouest. D’après le contrat, les deux compagnies devaient récolter, selon leur estimation, pour au moins 20 milliards de dollars, 2,5 % de cette somme, soit 500 millions, revenant à l’Etat, alors qu’il aurait dû recevoir 30 à 50 %, soit 6 à 10 milliards de dollars. Du fait des conditions dans lesquelles ces mines sont exploitées, la destruction de l’environnement s’est aggravée dans les trois départements concernés ; en outre, l’Etat n’a pris aucune disposition pour contrôler et superviser les quantités emportées hors du pays et leur nature.

 

 

Idiot celui qui donne, imbécile celui qui ne prend pas !

 

 

Ces actes constituent une violation du droit à l’autodétermination de la nation ainsi qu’un crime économique contre le peuple et les générations futures qui auront à vivre sur cette terre. Partout à travers le pays, les progressistes doivent se mobiliser pour empêcher les impérialistes américains et canadiens de porter à la nation ce coup déloyal. Il faut renforcer le travail d’organisation de la population, surtout dans ces zones, afin de favoriser un soulèvement général contre cette forme de pillage des ressources du pays.

 

 

La petite poignée de patriotes se trouvant au parlement doit interpeller le gouvernement Martelly/Lamothe, qui a déjà tissé des liens avec les deux compagnies citées plus haut, pour qu’il casse le contrat et mette en mouvement l’action publique contre les complices. Les richesses naturelles du pays doivent servir à la reconstruction de l’Etat et à la satisfaction des besoins de la population.

 

 

Rose ALMONACY

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents