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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Suite de :En Haïti, comme au temps de l'esclavage, les gens n'ont pas de généalogie

Publié par siel sur 24 Octobre 2012, 11:41am

Catégories : #REFLEXIONS perso

 

 

 Je reviens à cette histoire de généalogie parce que je pense ne pas avoir été assez claire.

Mon propos s'étant dilué en cours de route. En Haïti, comme au temps de l'esclavage, les gens n'ont pas de généalogie

 

D'abord, je voudrais faire remarquer que la généalogie, ce n'est pas une histoire de dynastie, d'élite, etc.


Dans toutes les sociétés, anciennes et modernes, du Sud comme du Nord, vous  avez une identité. Vous êtes un tel, fils  ou fille de un tel et une telle, eux-mêmess fils de un tel  et une telle. La filiation, les alliances matrimoniales sont des repères structurants la société.


N'importe quel sociologue vous expliquera ça mieux que moi.


Je faisais remarquer, que le commerce triangulaire, la traite, avaient cassé ces repères généalogiques que les Haïtiens, jusqu'à présent, ont un certain mal  à recréer.


Première raison: l'absence  généralisée d''Etat civil.

Deuxième raison plus récente : l'exode rural, l'exil.

 

Vous avez, par exemple, ici à Paris, des personnes qui ne savent même pas ce qu'est devenue leur propre mère. Allez-voir leurs grands parents...


J'avais avancé que cette rupture des liens familaux avaient été accentuée, délibérément, par l'ex-dictateur Fançois Duvalier- lui même sans attaches familiales- en imposant , comme dans toute idéologie totalitaire qui se respecte,  sa personne,  comme papa absolu,  comme chef de famille auquel on devait respect,  obéissance et soumission, avant le père biologique.

 

J'avais donc pris l'exemple de M.Gracia Delva, député de la ville de Dessalines et je m'étais demandé s'il était apparenté à Zacharie Delva, un potentat macoute du département de l'Artibonite.

Entre parenthèses à la liste des Delva collaborateurs du  gouvernement rose des Tèt Kale,, j'avais oublié d'ajouter celui de Réginald Delva le secrétaire d’Etat à la sécurité publique.

 

Pourquoi cet intérêt ? 


Parce qu'il est important de comprendre, de quelle manière ses fils, filles, parents d de macoutes interviennent dans la politique du pays depuis 1986.

 

Au Chili, et dans tous les pays qui ont connu des dictatures comme l'Espagne, les enfants des digntaires du régime, ou de ceux qui ont collaboré activement sont connus.

 

Je rappelais que, dans les pays comme la France par exemple où je vis, à chaque fois qu'il y avait une nomination officielle, elle était accompagnée d'une note biographique sur la personne nominée.

 

Alors qu'en Haïti, il n'y a rien de tout ça.

 

En somme, en Haïti, on ne sait jamais à qui on a affaire.

 

Par exemple, quand Holllande a posé sa canditature à la présidence, les média nous ont présenté sa famille (père et mère), son enfance, ses études,  ses goûts, son mariage avec Ségolène Royale, leurs enfants et sa compagne actuelle.

 

De sorte, qu'on avait un portrait sur plusieurs facettes de l'homme qui briguait la magistrature suprême.

 

Et il en va de même avec tous les hommes et femmes qui briguent une fonction élective ou des postes à forte responsabilité.

Ce qui parait logique puisque ces candidats seront appelés à servir l'Etat.

 

De sorte que, ceux qui votent pour ou contre eux, ont une idée pas seulement du programme politique mais de la personne qui va appliquer ce programme.

 

Comparons avec Martelly.

Sa vie d'artiste se trouvait sur le web.

Donc, de côté -là, on connaissait le personnage.

Mais, pour le reste, parents (père et mère) fratrie, études, itinéraire de vie : rien.


De Obama, on connait la femme, ses études, ses idées, son parcours professionel.


De la femme de Martelly, on ne sait rien de rien.

Sinon qu'elle a été le manager de Sweet Micky, le nom d'artiste de l'actuel président.


Quant à ses enfants, Olivier, celui qui a été nommé à la tête d'une commission en charge de développer le foot;, on ne sait rien.

Le jeune homme a-t-il fait des études ?

A-t-il déjà travaillé avant que son père ne devienne président.

Pareil, pour l'autre, le musicien, qui se fait appeler Ti-Micky.


Des père et mère de Martelly, de sa fratrie (ils seraient 4), là aussi c'est le silence.

On ne les a pas vu apparaître dans une aucune manifestation officielle,

Pas même lors de son investiture.

En tous les cas,  s'ils étaient là, la presse n'a pas mentionné leur présence.

 

Prenons, comme autre exemple, le Premier ministre Lamothe.

Comme pour Martelly, sa vie d'homme d'affaires se trouve sur le net.

Donc de ce côté là, on est relativement informé.

On sait qu'il  a fait du tennis, bien que la presse ne nous l'ait jamais montré une raquette à la main  sur un cours entrain de disputer un match - puisqu'on dit qu'il était professionnel.

En fait, on ne trouve aucune information sur son parcours de sportif.

Sur la fiche wikipédia qui lui est consacrée :link,

on trouve l'information suivante :

Le ton de cet article ou de cette section est trop promotionnel ou publicitaire.
Modifiez l'article pour adopter un ton neutre ou discutez-en.
 
 

 

Si on connait ses parents et leurs activités, par contre sa vie familialle reste un mystère

Même si, sur le web, on trouve des photos de lui avec femme et enfant dans leur maison en Afrique du Sud.

 Impossible de savoir s'il est marié, divorcé.

Si cette petite fille métis, qui semble être la sienne a des frères et soeurs.

Lamothe, en tous les cas, apparaît officiellement comme un célibataire.

 Aucune femme, compagne, petite amie  

ne figure à ses côtés sur les photos publiées.

 

De tellle sorte, que le parcours de  vie des  2 personnages  les plus importants de l'Etat haïtien

qui prennent des décisions  au nom de l'ensemble des citoyens

reste en grande partie secret.

 

Pour certains, la vie privée des hommes politiques ne regardent qu'eux.


Pour ma part, je pense qu'à partir du moment où quelqu'un décide de briguer une fonction publique,  sa vie privée regarde le public- je ne parle pas de ce qui se passe dans la chambre à coucher, et même là, on a vu comment Clinton et tout récemment DSK,  ont vu leur vie sexuelle faire méchamment irruption dans leur vie politique.


Par exemple, l'actuel président de la Fondation Seguin,( Parc de la Visite), M. Champagne, beau-frère de Martelly, a été arrêté dans les années du Coup d'Etat de 1991, aux USA, pour tentative de faire rentrer des armes en Haïti.

 

Comment, un ancien militaire, pro-putschiste, se retrouve à la tête d'une fondation écologique  ?

 

Précisément à cause de cette absence de repères, de biographies, de généalogies, d'archives.

 

Je voudrais ajouter que tout citoyen a droit à l'information nécessaire à la compréhension  du monde dans lequel il vit.


Que ce soit sur le beau-frère de Martelly, président de la Fondation Séguin.

Que ce soit sur les contrats passés avec les entreprises minières.

Que ce soit sur la gestion des taxes sur les transferts d'argent et les appels téléphoniques.

Que ce soit sur le background à la fois familial et professionel de ceux qui dirigent le pays en leur nom.


On a vu, en France, le scandale provoqué, quand Sarkozy avait esayé de placer son fils à la tête d'une importante structure de l'Etat.

Par la presse, on avait appris que ce jeune homme qui redoublait sa deuxième année de droit, n'avait pas sa place à la tête de cette structure.

Et en effet, Sarkozy, en dépit de son ominpotence, fut obligé de faire marche arrière.

 

A l'encontre de ce que l'on pourrait croire, l'opacité provoque la fabrication de zen, de ragots- arme de destruction massive de la démocratie en Haïti.


A défaut d'informations vérifiées, chacun peut se laisser aller à inventer n'importe quoi sur n'importe qui, créant une ambiance de désordre  et de délation , obstacle aux réflexions et analyses,  sans lesquelles il est impossible de construire la moindre structure viable.

 

Je terminerai par un appel à la presse d'Haïti, en leur rappelant que les régimes autoritaires aiment les zen qui embrouillent et masquent les réalités politiques, économiques et sociales.


Je voudrais leur rappeler, en passant, qu'il faut écrire les noms des peuples avec une majuscule.


Que leur entêtement à ne pas respecter une règle de grammaire simple, est le reflet de leur difficulté à respecter les règles de leur métier.


Que leur profession exige un minimum de culture et de curiosité sur tous les aspects de la vie du pays, dont la biographie des personnages qui occupent des postes déterminants dans la gestion du pays, dont des enquêtes sur le devenir de l'argent "extorqué" à la diaspora, dont des enquêtes sur le fonctionnement de l'ensemble des programmes "roz", etc.


La petite liberté dont jouit la presse haïtienne, elle la doit à la la lutte du peuple haïtien contre la dictature. 


Ne serait-ce qu'en reconnaissance des sacrifices faits par ce peuple, les média lui doivent un minimum de respect.


Respect qui devrait, en principe,  se manifester, en priorité, par une exigence de qualité.

images-6.jpeg

 

Mme  Liliane Pierre Paul, la ville de Dessalines,  s'appelle Dessalines , et non pas Marchand- Dessalines ou Marchand tout court, comme vous vous entêtez  à la nommer. Ce qui, d'une certaine manière, est une offense au père de la nation, similaire aux jeans et boots de Martelly qui vous ont offusquée.

 

Mme Liliane Pierre-Pauk, faîtes-vous parti des gens qui continuent à appeler aéroport François Duvalier, l'aéroport Toussaint Louverture ?


Mme Liliane Pierre-Paul, la sémantique et les concepts sont  déterminants.

Ce n'est pas du gnan-ni-gnan-nan, ni du kakachat.


Ne pas nommer correctement les choses, c'est leur ôter leur identité.

Aimeriez-vous qu'on vous appelle Mme Liliane Pierre-Jean ?

Aimeriez-vous qu'on ne mette pas de majuscule à vos noms et prénoms ?

Non, n'est-ce pas ?


Eh bien, c'est pareil, les Haïtiens aiment qu'on les nomment Haïtiens avec un H majuscule

et Dessalines aime qu'on nomme sa ville Dessalines et non pas Marchand Dessalines.


Le Monsieur a lutté et vaincu les colons et vous, vous persistez, 206 après l'indépendance,

à accoler à la ville qu'il a fondée le nom d'un esclavagiste  ?

 

Pourquoi pas Rochambeau-Dessalines, après tout ?

 

Madame Liliane Pierre-Louis, pardon Mme Liliane Pierre-Joseph, pardon Mme Pierre-Paul, savez-vous qu'il fût un temps où Paris s'appelait Lutèce ?

 

Voyons,  si cette toute petite gymnastique  qui consiste à remettre à jour un programme simple

semble être du domaine de l'impossible. 


Que peut-il se passer, quand vous vous retrouvez face à des programmes plus complexes ?

 

Par exemple, les enjeux autour de la chute d'Aristide ?

 

Mme Liliane Pierre-Paul, le diable est dans les détails, comme dans les jeans et boots de Martelly à la commémoration de Dessalines.



 

 

 


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